Le 8 octobre 2024, j’ai écrit à info@kunsthaus.ch pour avertir le personnel qu’une intervention Secret de Sucre allait bientôt avoir lieu entre les murs du Kunsthaus.
J’avais joint à ce message un email dans lequel Ann Demeester me souhaite bonne chance pour mon intervention.
J’ai demandé jusqu’à quand durait l’actuelle exposition Bührle.
La dame m’a dit que l’exposition durerait jusqu’à la fin d’ octobre 2024.
Nous étions début octobre, il me restait donc moins d’un mois pour créer le texte et les pièces.
Tout était fichu.
J’ai eu un énorme coup de stress.
Ioana Jimborean, qui est l’une des responsables de l’exposition Bührle, m’a contactée.
Tout d’abord, elle m’a rassurée en m’informant du fait que l’exposition durerait jusqu’en octobre…2025.
Elle m’a dit qu’elle n’était pas au courant de mon intervention Secret
de Sucre.
Après quelques échanges, nous avons convenus que j’allais présenter mon projet juste avant le colloque que le Kunsthaus allait organiser en novembre.
J’ai donc été invitée au colloque.
Entre temps, il fallait produire 900 disques pour l’intervention.
A la base, je pensais faire 440 pièces en français, et 440 pièces en anglais.
J’ai compris plus tard que cela était simplement impossible.
Avec Alexis Thiémard, nous nous sommes procurés des planches de bois.
Nous les avons peintes le 11 octobre 2024 à la dispersion, au rouleau, d’un côté noir, d’un côté rose.
Cette journée de peinture a été extrêmement pénible, car je pensais à cette époque que l’intervention devait avoir lieu avant octobre 2024.
Mon état de stress a rendu cette séance de peinture extrêmement inconfortable.
Le jour même de la peinture des planches, j’ai eu un entretien téléphonique avec Carlo Lombardini.
Carlo Lombardini m’a dit que le secteur bancaire s’était considérablement assaini.
Nous avons parlé du blanchiment d’argent, du fait que cette pratique était également réalisée dans l’art, la haute joaillerie, la restauration et la mode.
Carlo Lombardini pense qu’avec les avancements de l’IA, il sera peut-être possible de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent.
Ce professeur en droit bancaire et avocat déplore l’intrusivité de certaines pratiques, qui pourraient nous mener à un Etat policier.
Le dilemme reste selon lui la protection des données.
Carlo Lombardini a fini par me dire que quelles que soient les mesures, les criminels adaptent leurs techniques de blanchiment.
Nous avons arrêté le téléphone et je suis retournée peindre mes planches.
Une fois les planches peintes et sèches, Alexis Thiémard et Pierre-Louis Sciboz ont découpé au laser plus de 900 pièces et les ont stockés.
Entre temps, j’avais rédigé mon premier jet pour les 440 phrases.
J’ai reçu une partie des pièces, sur lesquelles j’ai écrit, de fin octobre à décembre 2024 120 phrases.
Le 20 novembre à 10h, j’ai présenté mon travail devant trois membres importants de
l’exposition Bührle.
Après leur avoir déployé mon concept en 30 minutes, je leur ai montré toute une série d’objets.
Il y avait les prototypes réalisés avec les cédéroms, ceux avec les roues dentées, quatre dossiers de presse, des pochettes avec des cartes de visite, un super packaging et des sucres.
Ioana Jimborean a renouvelé la volonté du Kunsthaus de soutenir le projet.
A la suite de cette journée, jusqu’au 21 novembre 2024, j’ai participé au colloque organisé par le Kunsthaus, le Musée Rietberg et le Swiss National Museum.
Ce colloque s’appelait Sensitive, Problematic, Contested.
Les conférences étaient de grande qualité.
J’ai pu observer que tous les musées invités étaient en pleine transition paradigmatique.
En effet, les musées internationaux se posent toute une série de questions sur les provenances, les manières de faire participer le public, ou encore d’autres aspects cruciaux des problématiques muséales.
J’ai trouvé ce colloque passionnant et rondement bien mené.
Les World Cafés étaient une véritable réussite.
Les World Cafés sont des ateliers de discussion qui fonctionnent comme des jeux de piste, avec des postes éparpillés dans tout le musée.
Le fait qu’Ann Demeester présente l’exposition Bührle en personne montre que le Kunsthaus est à l’écoute des avis du public.
En effet, Ann Demeester répondait aux questions ou aux contestations des visiteurs avec habileté et savoir-faire.
Je suis partie de ce colloque avec la neige, dans un état de rêve de coton.
J’ai trouvé que ces deux jours de colloque étaient vraiment la preuve que le Kunsthaus était sur le bon chemin.
Dans ce colloque, le Kunsthaus s’interrogeait sur lui-même et proposait à d’autres musées internationaux des pistes de réflexion.
Le lendemain, j’ai participé au colloque organisé par infoclio et Enrico Natale, à Berne.
J’y ai vu Jakob Tanner, qui donnait une conférence, et Peter Hug.
Le colloque parlait des politiques mémorielles concernant la Seconde Guerre Mondiale.
Je suis rentrée chez moi après une semaine intense, beaucoup de sensations fortes, de nouvelles pistes de réflexion.
J’ai continué à faire quelques disques.
Les fêtes passées, j’ai arrêté d’écrire sur mes roues dentées.