Nathalie Duc est une artiste conceptuelle, contextuelle et critique d’art suisse dont l’axe de création qui consiste à élaborer des systèmes complexes de concepts, pour les traduire dans des médiums plastiques ou scripturaux. Polymédiale, elle travaille sur différents matériaux, tels que la peinture sur soie, le dessin, la peinture acrylique, les polymères ou diverses pâtes. Ses champs de recherche touchent à des sujets socio-économiques, au contrôle, aux technologies, qu’elle anticipe notamment dans un projet (WWW.WWWAR.T). Nathalie Duc s’est chargée d’observer les complexes problématiques liés à la surveillance, au transhumanisme, aux technologies, en vue de comprendre un régime en émergence.
Si elle a commencé par des études de conception multimédia à l’eikon, elle a rapidement abandonné ce domaine pour se consacrer à l’art.
Dans le cadre de son bachelor à l’edhea en 2013, elle a développé deux plateformes imaginales d’action appelées Secret de Sucre et Chlorure de Sodium. Ces deux projets lui ont valu le prix de la Ville de Sierre.
L’artiste a produit un travail scriptural, sonore et performatif dans le cadre de son master (Critical Curatorial Cybermedias) à la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève en 2015, pour lequel elle a reçu le prix Neuman de la Ville de Genève. Le travail en question était constitué d’un mémoire comprenant divers articles, une nouvelle dystopique, le Key-Déli-Ô-Scope, une pièce sonore agrémentée d’un dispositif lumineux, et une performance.
La technocratie n’est pas le seul point de mire de cette artiste. Depuis 2009, Nathalie Duc pratique des interventions Secret de Sucre. Ce projet conceptuel et contextuel a pour vocation de réaliser un commentaire sur des oeuvres ou des expositions, sans les dégrader. Secret de Sucre fonctionne selon un principe de tradition orale, et n’est pas conséquent pas documenté. Depuis septembre 2023, le projet a pris une autre dimension. Un nouvel appareil modulaire d’action a été pratiqué : celui de l’enquête. Dans les Kunsthaus Stories, Nathalie Duc part de la figure d’Emil Bührle et de sa collection au Kunsthaus de Zürich, pour mener une investigation sur des sujets contemporains liés au marché de l’art, comme l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. Trois résultats de cette enquête seront imprimés dans le réel (automne 2024 : intervention Secret de Sucre au Kunsthaus | février 2025 : exposition à Andata-Ritorno, Genève | juin 2025 : exposition à la galerie de la Cathédrale, Fribourg). Pour mener à bien son investigation, Nathalie Duc a rencontré de nombreux chercheurs et chercheuses. De ces entretiens, ont été générés différents collages.
Par-deça son activité artistique, Nathalie Duc a travaillé dans le monde de l’art comme galeriste, médiatrice culturelle ou encore professeure. Nathalie Duc a donné des workshops et a aidé de nombreuses personnes en tant que tutrice artistique personnelle. Elle est actuellement professeure d’histoire de l’art à IPAC DESIGN Genève pour l’école préparatoire BTEC. En janvier 2025, Nathalie Duc donnera à une quarantaine d’étudiants de tous les bachelors de deuxième année un cours qui se déroulera en cinq modules (Art&Définitions, Art&Politique, Art&Médias, Art&Technologies, Art&Finance).
«Je me positionne comme une artiste cherchant à avoir un impact sur la société, par les moyens de l’art et par d’autres formes de création. Je cherche à me rallier à d’autres créateurs ou chercheurs parvenir à dresser un portrait de notre époque. L’art et les textes d’aujourd’hui seront le matériel d’étude et de compréhension qu’utiliseront les générations futures pour comprendre ce qu’il sera advenu au XXIème siècle. Il est donc important de se renseigner sur les mécanismes socio-économiques de notre contemporanéité et de les reporter dans nos écrits ou dans nos oeuvres d’art. »
«J’accorde beaucoup d’importance à la réflexion sur la valeur de l’oeuvre en réponse à un système marchand autour de l’objet d’art qui me déplaît. C’est pourquoi j’ai instauré un micro-système économique autour de mes propres oeuvres d’art sur mon site internet et dans les expositions.»