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Conférence | Kunsthaus Stories | 07.06.2025

Je me suis concentrée sur mon enseignement à IPAC DESIGN Genève, où je devais donner plusieurs sessions de cours à trois filières
de niveau bachelor, en plus de mon travail de professeure d’histoire de l’art pour les classes préparatoires.

De février à mars, j’ai donc donné ces cours.

Le 4 février, une conférence sur Secret de Sucre a été donnée à l’IPAC DESIGN à une quarantaine d’étudiants.

Une quinzaine d’étudiants ont jetés en l’air les sucres que je leur avais donné au départ de la conféence.

Jeter son sucre en l’air après la conférence signifiait avoir adoré Secret de Sucre.

Cette pause hivernale m’a permis de prendre du recul sur les Kunsthaus Stories.

Le 9 avril 2025, j’ai eu une idée fulgurante qui a chamboulé tout mon projet.

J’ai inventé les Offices de Régulation du Marché de l’Art, ou ORMA.

Sur les disques, pour parler de ces offices, il est écrit OAMR, de l’anglais : Offices of Art Market Regulation.

Cette trouvaille m’a fait remanier toute la fin de mon texte.

Je me suis estimée heureuse de ne pas avoir terminé mes pièces en décembre.

J’ai donc passé plus d’une semaine à ré-écrire toute la fin de mon texte.

De mi-avril à fin mai 2025, je me suis mise activement à inscrire mes 320 dernières phrases sur mes disques.

Cela a été un travail extrêmement rigoureux, voire pénible,

L’écriture d’un disque prend environ 20 à 30 minutes.

Cela sans compter les retouches et la fabrication, ce qui revient à environ 1h30 par disque.

440 x 1h30, cela fait beaucoup de temps.

A côté de mon travail de professeure, j’ai donc tracé, tracé, tracé des disques, dans toutes sortes d’état mental, parfois exténuée, parfois exaltée.

Tous les dimanches pendant deux mois, 3 à 5 personnes venaient chez moi retoucher des roues dentées vierges ou les nettoyer, pendant que moi j’écrivais sur les disques.

Plus de 900 disques ont été retouchés et repeint par des volontaires.

Je ne saurai jamais assez comment les remercier.

Cependant, l’ambiance était toujours au rendez-vous et la journée se terminait par un repas commun dans les plus grandes festivités.

Lorsqu’il ne me restait plus que 30 disques à réaliser, je me suis rendue compte qu’il me manquait 20 phrases.

J’ai donc tout ré-écrit la fin de mon texte une dernière fois.

Je me suis dépêchée d’inscrire ces phrases sur les dernières 30 roues dentées.

Entre temps, Mehdi Bouhanek a créé le Magnet Signataire suite à une discussion commune.

Il a aussi fabriqué plus de 500 enveloppes roses dans lesquelles stocker les roues dentées.

J’ai donc passé des heures et des heures à numéroter, à vérifier et à placer dans les enveloppes tous les disques.

Je suis donc parvenue à terminer mes disques deux jours et à les empacter une heure avant le trajet des oeuvres jusqu’à Fribourg.

Le lendemain, nous avons commencé à monter l’exposition.

Donc voici le résultat.

Vous pourrez observer cette exposition à votre guise après la conférence.

Je vous indique que mes carnets, les livres et les articles qui ont servi à cette enquête sont à votre disposition. Un coin lecture vous permettra de plonger dans la documentation.

Je vais donc terminer par mes conclusions.

Tout d’abord, je vais commencer par mes conclusions sur le Kunsthaus.

Je pense que le Kunsthaus est une bonne institution, qui a fait des efforts considérables, surtout depuis qu’Ann Demeester est directrice.

Je pense que le Kunsthaus est un musée qui prend en compte l’avis du public, des experts, des artistes, des mécènes, de la presse et des politiciens.

Ann Demeester a eu le choix d’accepter ou de refuser mon intervention.

Elle a pris le risque d’accepter.

C’est très courageux de sa part.

Elle savait que c’était dangereux, car n’importe quel élément dévastateur pour l’image du Kunsthaus aurait pu ressurgir lors de mon enquête.

Si le rapport de Raphael Gross montre que le Kunsthaus présente quelques problèmes à gérer sa recherche de provenance, je pense que c’est parce que l’on empêche le musée de la produire correctement.

Le défaut du Kunsthaus est son affiliation trop directe avec le monde de la finance et des élites.

Ajouter des fonds publics à ceux déjà octroyés au Kunsthaus lui permettrait de se défaire des mécènes contraignant idéologiquement les choix curatoriaux ou les politiques d’acquisition de la direction.

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