Après avoir accumulé toutes ces informations, je me suis dit qu’il ne servait à rien de décrier tout un système si ce n’était pas pour apporter une solution.
J’ai décidé de créer une solution au problème de blanchiment d’argent et de blanchiment de la fraude fiscale réalisés par le biais de transactions de biens culturels.
Je propose de créer 26 offices de régulation du marché de l’art, ou ORMA. O-R-M-A ou O-A-M-R en anglais. 26 offices, un par canton.
Chaque office de l’ORMA aurait un site web.
26 sites web plutôt qu’un seul présente un avantage majeur :
La décentralisation est une des clefs de la cybersécurité.
Cette décentralisation induit qu’il serait difficile pour un hacker ou un gouvernement étranger d’accéder aux données de ces sites web.
Chaque acteur du monde de l’art devrait enregistrer toutes ses transactions sur un site web cantonal de l’ORMA.
Les personnes concernées sont :
– Les artistes
– Les galeristes
– Les collectionneurs
– Les maisons de vente aux enchères
– Les ports-francs
– Les marchands d’art
– Les entreprises de finance liées à l’art
Ces acteurs devraient indiquer le montant transféré par compte bancaire, le montant délivré en cash, des différentes identités concernées par la transaction, le lieu, la date, et les informations sur l’oeuvre.
Après avoir rempli le formulaire, un QR-Code serait généré.
Ce QR-Code devrait être imprimé et collé sur l’oeuvre. Il ne serait déchiffrable qu’à l’aide d’une clef, que seuls les employés de l’ORMA et les douaniers détiendraient.
Ainsi, après plusieurs années d’implémentation de l’ORMA, toutes les oeuvres posséderaient un QR-Code sécurisé.
Cela permettrait de voir quelles oeuvres sont hors du système.
Les formulaires permettraient de retracer toutes les ventes.
Attention ! Seules les données liées aux transactions et à l’identité des parties doivent être récoltées.
Il ne s’agit pas d’espionner le monde de l’art et ses acteurs.
Il est impératif que la vie privée des membres du secteur soit préservée.
Les Offices cantonaux pourront faire des enquêtes sur des cas de blanchiment d’argent ou de blanchiment de la fraude fiscale par l’art.
De très hautes amendes seront attribuées aux fraudeurs.
Ne pas remplir un formulaire peut aussi valoir une amende.
Les peines sont essentiellement pécuniaires, mais peuvent pour les cas graves aller jusqu’à la peine privative de liberté.
Comme chaque oeuvre vendue serait tracée sur les sites web de l’ORMA, il deviendrait possible d’introduire une très légère taxe sur toutes les oeuvres vendues sur le territoire helvétique.
Tous les fonds collectés par l’ORMA, par les amendes ou les taxes, seraient redistribués dans 4 secteurs.
Le premier secteur à bénéficier des fonds de l’ORMA serait le monde des artistes.
Les artistes pourraient par exemple bénéficier de rentes.
Les artistes étant au service social, à l’AI, aux prestations complémentaires, à l’AVS, pourraient conserver leurs gains liés aux oeuvres d’art, ainsi qu’ajouter leur rente d’artiste à leurs gains dispensés par l’État.
Le second secteur à bénéficier des fonds de l’ORMA serait les musées.
Les musées pourraient mieux payer leur personnel et en engager plus.
Les musées pourraient créer des expositions avec plus de budget et payer les artistes qui les exposent.
Les institutions pourraient se défaire des mécènes toxiques pour leur ligne curatoriale ou leur politique d’acquisition.
Elles pourraient choisir les personnes qui les soutiennent financièrement, car elles auraient de très grands fonds publics qui leur conféreraient une sécurité.
Par le système de tracking des oeuvres sur les sites web de l’ORMA, la recherche de provenance serait facilitée pour les musées, qui pourraient contribuer à résoudre des affaires avec les Offices de régulation du marché de l’art.
Le troisième secteur à bénéficier des fonds de l’ORMA serait les galeries.
Avec mon système, les galeries qui coopéreraient avec l’ORMA recevraient de très larges subventions.
Les galeries pourraient financer des expositions plus facilement, sans souci de vendre.
Ainsi, les galeries ne seraient plus obligées de se courber aux tendances du marché. La pression de la vente pour les galeristes serait amoindrie.
Le dernier secteur a recevoir des fonds de l’ORMA serait les 26 Offices cantonaux eux-mêmes. Cela payerait les salaires des enquêteurs et
des autres employés, la maintenance des sites et des autres frais liés à leur travail.
Ainsi, je pense qu’une régulation active du marché de l’art par l’État risque de réfréner quelques années les transactions sur le territoire
helvétique, mais permettrait d’assainir tout un secteur et de financer la culture de façon drastique.
Cela permettrait à des artistes de sortir de la précarité.
Cela donnerait la possibilité à des musées et des galeries d’avoir plus de fonds et de liberté.
Cependant, je pense que les personnes qui s’opposent à l’interventionnisme d’État ne seront pas très enthousiasmées par mon idée.
Par contre, je ne vois pas comment une variante privée de régulation pourrait être effective et efficace.
Alors, je vous le demande, qu’allons-nous faire ?
Laisser-faire ou agir contre de telles dérives ?
Je ne dis pas que ma solution est parfaite.
Je propose même à mon public de m’aider à mieux la configurer.
N’hésitez aucunement à me faire part de vos remarques.
Nous aurons l’occasion d’en parler après une pause de dix-huit
minutes.
Je vous rappelle que pendant le débat, vous devez venir devant la scène et parler dans le micro.
Nous allons donc faire une pause de dix-huit minutes, puis nous allons commencer le débat.
Bonne pause !