Le 23 mai 2024, j’ai rencontré Thomas Buomberger au Kunsthaus.
Thomas Buomberger est l’auteur du «Livre Noir de Bührle».
Nous avons visité l’exposition Bührle ensemble.
Nous avons conversé librement en visitant l’exposition.
Thomas Buomberger m’a dit qu’il appréciait le collectif d’artiste qui avait réalisé l’intervention avec les QR-Codes, le KKKK. Nous en avons
parlé rapidement.
Thomas Buomberger a posé pour le collage au milieu des tableaux.
Nous sommes ensuite allés boire un verre au Kunstbar.
Nous avons discuté de choses et d’autres et nous nous sommes séparés.
J’ai réalisé son collage et il en a été très content.
J’ai compris que cela fonctionnait mieux de demander aux personnes représentées quelles phrases elles voulaient voir figurer sur leur collage.
Le 17 juin 2024, j’ai rencontré Ursula Cassani à Genève.
Elle m’a transmis la référence d’un rapport du GAFI, qui est une organisation de lutte contre le blanchiment d’argent.
Ursula Cassani m’a dit que 65,1 milliards étaient blanchis dans le monde de l’art.
Nous avons conversé au sujet de la question de la différence entre le licite et l’illicite. La frontière entre ces deux catégories est très floue et
mériterait d’être définie.
Elle m’a dit qu’une transaction de plus de 100’000.- en cash dans une galerie était soumise à des obligations.
Les galeristes doivent identifier le client, élucider l’arrière-plan économique, et communiquer au MROS leurs éventuels soupçons en
matière de blanchiment d’argent.
Le MROS est le bureau central de la Suisse pour les soupçons de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.
En-dessous de ce seuil, ou lorsque le prix n’est pas payé en cash mais par l’entremise d’une banque, les négociants d’art échappent à ces
obligations dont le but est le prévention du blanchiment d’argent.
L’entretien s’est terminé.
Ursula Cassani a choisi sa phrase et a posé pour le collage.
Nous nous sommes quittés après la photographie.
Le soir même, j’ai lu une première fois le rapport du GAFI. J’ai été estomaquée par ce rapport.
Je l’ai relu une deuxième fois beaucoup plus tard dans mon enquête.
Le 24 juillet 2024, j’ai rencontré Marc-André Renold dans son cabinet à Genève.
Ce brillant et charismatique avocat a commencé par me dire qu’une des raisons de l’opacité du marché de l’art est que les acheteurs ne veulent pas que l’on connaisse leur identité.
Une autre raison de cette opacité réside dans le nombre considérable d’intermédiaires.
Marc-André Renold semble penser qu’un collectionneur achète une oeuvre, car il a une envie irrépressible de posséder un objet, pour parfaire sa collection.
Nous avons ensuite bifurqué sur un faux auto-portrait de Van Gogh acheté à la galerie Fischer par Emil Bührle.
Bührle aurait fait un procès, qu’il aurait gagné, dans lequel il reprochait à la galerie Fischer de lui avoir vendu un faux.
Le tableau est toujours dans sa collection et est actuellement visible au Kunsthaus.
Nous avons aussi parlé des ports-francs.
Marc André Renold m’a dit que le droit suisse n’obligeait pas à limiter dans le temps le stockage des oeuvres d’art dans les ports-francs.
Il a fini par me dire que dans la marché de l’art, la vérité triomphe toujours, même si cela prend énormément de temps.
Nous nous sommes laissés sur des paroles drôles, dans la bonne humeur.
Entre temps, je me suis reconnectée avec une ancienne connaissance, Alexis Thiémard. Je lui ai parlé de mon projet, et il a décidé de s’impliquer dans les Kunsthaus Stories.
A cette époque, je pensais sprayer 440 cédéroms en rose fluo.
Alexis Thiémard a beaucoup insisté pour dire que le fait d’utiliser des cédéroms ne serait pas esthétique.
Il a proposé de découper des pièces au laser.
Nous avons fait des tests avec les cédéroms et cela n’était effectivement pas très concluant.
Mehdi Bouhanek s’est aussi impliqué dans le projet.
Ensemble, nous avons conçu le modèle de la roue dentée que vous avez sous les yeux dans cette exposition.
Alexis Thiémard a insisté sur le fait que la forme de la roue ne suffisait pas en terme de forme.
Une personne qu’Alexis Thiémard connaissait lui a remis une roue dentée.
Il m’a proposé la roue dentée comme forme, et avec Mehdi Bouhanek nous avons validé cette forme.
Mehdi Bouhanek a conçu sur un logiciel 3D le modèle de la roue dentée.
Nous avons découpé au laser une série de roues dentées.
J’ai fait des tests d’écriture et de couleurs.
Les roues dentées sont en bois MDF.
Elles sont peintes d’un côté en rose, la couleur de Secret de Sucre, et d’un côté en noir, pour évoquer la guerre, le conflit, le pouvoir.
La roue dentée a 8 dents, ce qui signe l’objet.
Je rappelle que ma signature est le 8.
Ensemble, nous avons réfléchi au design final des couleurs et de l’agencement des pièces sur l’installation avec les disques bleus :
Nous sommes tombées sur une idée géniale :
Lorsqu’elles seront déposées au Kunsthaus, les roues dentées roses formeront donc une phrase secrète.
Le 5 septembre 2024, Alexis Thiémard et moi-même sommes allés au Kunsthaus tester nos roues dentées et les cédéroms sprayés.
Le jour d’avant, j’avais écrit à Ann Demeester un mail pour la prévenir que nous venions déposer quelques disques sur l’installation interactive dans la collection Bührle.
J’ai imprimé ce mail, j’ai pris mon dossier de presse, les roues dentées, quelques outils et je suis allée avec Alexis Thiémard au Kunsthaus.
Une fois au Kunsthaus, je suis allée à l’office d’information.
J’ai montré mon dossier de presse, le mail écrit à Ann Demeester, et j’ai essayé d’expliquer ce que j’allais faire.
J’ai ouvert mon sac, dévoilé les outils au securitas.
Finalement, les gens à l’accueil m’ont dit que l’on pouvait passer.
Je suis donc allée vers les escaliers, quand une gardienne m’a dit que je ne pouvais pas passer avec les
affaires.
Je suis donc retournée à l’information.
La dame m’a donné des autocollants blancs à coller sur mes affaires.
Je les ai collé et j’ai pu passer avec Alexis Thiémard.
Avec Alexis, nous avons fait nos tests.
Nous avons pu voir quelles couleurs fonctionnaient, quels types d’écriture, et nous avons surtout pu voir que les cédéroms étaient franchement
dégueulasses.
A ce moment-là, j’ai remercié Alexis d’avoir autant insisté pour faire des pièces au laser, plutôt que d’utiliser ces cédéroms sprayés.
Mon oeuvre aurait semblé vraiment bas de gamme.
La finition n’aurait pas été au rendez-vous.
Qu’Alexis Thiémard soit remercié d’avoir autant désiré changé la forme des objets d’intervention.
Quoiqu’il en soit, après nos tests sur l’installation avec les disques bleus, nous sommes allés visiter l’exposition.
Nous avons ensuite déambuler et dormi à Zurich.
A ce moment-là, je me suis rendue compte que mon développement s’était largement éloigné de la figure d’Emil Bührle.
J’ai eu comme un vertige.
J’ai eu peur d’être hors-sujet.
J’ai donc décider de recentrer ma réflexion sur Bührle.